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Al Manba est un collectif né pendant l’été 2015, qui a commencé se réunir dans un garage squatté avec le but de le faire devenir un espace de luttes et de partage, un carrefour de rencontres au sein du quartier.
Pour éviter que l’argent devienne un critère d’accès tout les éventements sont gratuites ou sur donation. De même pour tenter de construire un endroit où tous et toutes peuvent se sentir à l’aise les comportements et propos discriminatoires liées à la sexualité, la couleur de peu, l’age, le genre ne sont pas les bienvenus.

Venez proposer des activités !

ENSEMBLE ! PARTAGEONS ! CRÉONS! RESISTONS !

 

Le collectif s’est monté cet été, en réaction au blocage de la frontière franco-italienne, en collaboration avec les migrants et les soutiens italiens à Vintimille. Le camp No Border nous a tous marqué comme un lieu de politisation de référence : une alternative de vie migratoire offerte aux migrants et un lieu incarnant le rapport de force politique qui se jouait au niveau des frontières européennes.

Volonté de contribuer depuis Marseille : au départ pour faciliter les transits et mutualiser les sources d’infos, pour permettre aux migrants d’anticiper le voyage en France, de contrer les obstacles, notamment les passeurs et la répression, en préparant en amont les prochaines étapes.

Réactivation des forces existantes à Marseille : associations/collectifs/personnes engagées et une partie des militants qui avaient soutenu les Tunisiens en 2011.

S’y sont progressivement greffés de simples habitants de Marseille, des experts juridiques, des médecins, des travailleurs sociaux, des paysans…

+ les copains soudanais qui sont passés par Vintimille et restés à Marseille, qui partagent notre vie quotidienne et s’inscrivent autant dans la vie de quartier que dans la lutte.

Les objectifs du collectif

Ils sont très liés à la réalité de Marseille du point de vue des migrants, puisque c’est leur expérience qui nous permet de positionner notre lutte.

Lutter pour la liberté de circulation : Marseille est une ville de transit entre le point de blocage de Vintimille et les destinations Paris/Calais ; plus récemment c’est une ville de repli forcé avec les déplacements forcés depuis Calais vers les CRA et les « lieux de répit ». Pour nous, ça veut dire de nouvelles actions pour contrer la gestion des flux par le gouvernement. Pour permettre aux gens de sortir de ces lieux de tri, revendiquer leur liberté d’installation ou repartir vers le nord quand ils le souhaitent.

Lutter pour la liberté d’installation : Marseille pas forcément une destination au départ du voyage migratoire, mais ça le devient souvent par contraintes, une arrestation au CRA, quelqu’un de dubliné… Parfois aussi, des migrants redescendent du nord de la France, de Paris, de Calais, via la chaîne du réseau militant, parce que le passage à Marseille, leur a vraisemblablement semblé positif.

Lutter contre la distinction entre le bon réfugié et le mauvais migrant : cette distinction se joue évidemment dans une grande ville administrative comme Marseille, via les arrestations au CRA, les entraves à la demande d’asile, la criminalisation des mineurs, la guerre d’usure administrative de façon générale qui vise à empêcher les migrants de s’installer autrement que de façon précaire ou clandestine.

Lutter contre l’invisibilité : comme ailleurs certainement, avec le discours spécifique des autorités que sous prétexte que la frontière à Vintimille est fermée, les passages de migrants n’existeraient pas . Notre lutte n’existerait pas. Surtout que les migrants ne sont pas forcément visibles par les Marseillais car ils sont en transit, pas de grands squats ou camps comme à Paris, et une forte répression sur la route entre Vintimille et Marseille qui renforce la clandestinité. C’est dans cette perspective aussi qu’il nous semble important d’ouvrir un lieu de convergence, d’organisation, un centre de ressources visible tant pour les migrants que pour les personnes solidaires, qui a été incarné par le Manba avant la vague de répression que l’on subit à Marseille.

Les actions concrètes sont

Préparées au travers de réunions ouvertes à tous : les commissions, 1 fois par semaine le lundi, et l’assemblée, 1 fois par semaine le mardi.

Elles sont conçues à la manière de solidarités directes et actives pour affirmer notre vision du quotidien, du quartier, de la vie collective et autogérée, à l’inverse de la violence institutionnelle à l’encontre des migrants.

Vintimille : maintenir une liaison avec Vintimille et la mobilisation côté italien, incarnation de la lutte transfrontalière… devenue la commission internationale, faciliter la circulation et la communication avec les collectifs d’autres territoires. Travail d’autant plus important depuis l’expulsion du camp No Border, un maillon important de la chaîne s’étant brisé, qui ne permet plus aussi facilement aux migrants de nous rejoindre dans de bonnes conditions à l’étape marseillaise.

Juridique : accompagnement administratif et juridique personnalisé, pour casser les catégories administratives qui permettent le tri des migrants par l’Etat. Rapport de force engagé avec les institutions et les organismes sous-traitant de la politique de l’Etat, dans le cadre de campagnes spécifiques (mineurs, CAO). Stratégie pour se soustraire à l’expulsion. Observation et lutte contre les pratiques répressives de l’Etat, les nouveaux dispositifs, comparaison/collaboration avec des collectifs d’autres territoires.

Communication : visibilité de la mobilisation et des migrants qui transitent et s’installent à Marseille. Tracts, liens avec la presse locale, feuille de chou, collaboration envisagée avec la publication Merhaba, du collectif la Chapelle, pour servir de repère unique le long du parcours de Lampedusa à Calais.

Soutien economique : événements de solidarité, dons, RSA migrants pour permettre de retrouver une forme d’autonomie. Caisse anti-répression.

Actions collectives : pour nourrir un discours face à l’opinion publique, plus de visibilité ; au départ une commission spécifique, mais c’est devenu un sujet discuté bien plus collectivement. Notre hantise c’est de servir de substitut humanitaire-bénévole à l’Etat, en fournissant des services par l’autogestion, quitte à s’user là dedans, sans pour autant parvenir à créer un rapport de force pour faire avancer nos revendications politiques.

La prise en compte d’un contexte local

L’inscription dans ce qu’est le quartier de la Plaine, Belle-de-Mai, Réformés, le centre-ville de Marseille, est primordial.

Localement, il ne s’exprime pas que des contraintes, mais aussi énormément de ressources. Le collectif s’est donc constitué d’une multitude de tribus de la Plaine, de Belle-de-Mai, de Consolat, aux compétences complémentaires et aux façons de faire différentes, qui n’avaient pas forcément l’habitude de s’organiser ensemble dans la ville.

Ce qui nous a réuni, en plus d’objectifs politiques relativement similaires, c’est aussi pour bon nombre d’entre nous, l’occasion d’affirmer notre vision du quartier et nos choix de vie collective. Ca prend par exemple la forme d’un slogan comme « La Plaine sans frontière » affiché lors d’un repas de quartier. Beaucoup d’habitants ont saisi la dimension locale de la mobilisation en faveur des migrants et des moyens de s’organiser comme la solidarité populaire, l’autonomie/autogestion… pour améliorer la vie des migrants mais aussi de n’importe quel habitant du quartier.

C’est une mobilisation forte (en nombre, en engagement personnel), qui a la chance de ne pas subir les conflits d’organisations politiques …car il n’y en a aucune qui s’est appropriée cette lutte à Marseille.

Elle permet aussi d’entrevoir une convergence des luttes : par exemple avec la mobilisation contre l’opération de gentrification du quartier (requalification de la place jean jaurès), quand on veut défendre un quartier populaire et ouvert à tous ; ou dans une optique d’un mouvement de défense des squats/lieux occupés. Ou encore en lien avec la mobilisation sociale contre la loi travail.

Pour incarner cet idéal de convergence des luttes, un lieu autogéré a été ouvert à l’occasion de la lutte migrants : le Manba, dans un ancien garage du quartier. Il n’était pas destiné à de l’hébergement, mais vraiment conçu comme un espace de rencontres, de ressources et d’information. Fermé en mars, nous tentons depuis de prolonger son existence au travers d’un nouveau lieu occupé, plus convergent. Mais la répression s’est accentuée.

L’expérience de ces quelques mois aura dans tous les cas permis d’installer une confiance entre les personnes du collectif : c’est déjà ça de gagné et d’acquis, y compris pour d’autres combats à venir.

La nécessité de s’inscrire dans un réseau

A été entretenu par des rencontre et des campagnes de soutien inter-collectifs.

Parce qu’il serait dommage de ne pas voir dans les chemins ouverts par les migrants de nouvelles perspectives de renforcement mutuel.

Cette idée à émerger dès l’expérience positive du camp No Border de Vintimille, qui proposait de participer à la définition d’un nouveau territoire des luttes, qui ne serait plus traversé par les frontières.

Ici, ce territoire recouvre autant des villes étapes du parcours des migrants que des collaborations essentielles avec des collectifs qui ne sont pas situés dans les villes de transit.

Cette volonté de réseau est renforcée par l’expulsion du camp de Vintimille et la fermeture des frontières européennes suite aux attentats de Paris, les dispositifs anti-terroristes, qui sont des nouvelles difficultés, tant pour le passage des migrants que pour l’organisation des luttes quelles qu’elles soient.

Face à l’Etat d’urgence, on observe déjà le renforcement de la surveillance et de la répression. Trouver des lieux et des moments pour imaginer des réponses collectives nous paraît essentiel.

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