Non aux expulsions d’exilé.e.s ! Solidarités montagnardes avec les 3+4 de Briançon, comme avec Michel de Faux-la-Montagne !

Suite au débat / discussion lors de la Fête de la Montagne Limousine ce week-end en Corrèze, avec de nombreuses personnes impliquées dans les luttes anti-expulsions « Dublin » de ces derniers mois l à-bas (Faux la Montagne, Guéret, etc.), les participant.es ont rédigé un appel à solidarité avec les 3+4 lu à la tribune en fin de fête dimanche. Le voici ci-dessous. Et surtout, ils ont décidé de monter un départ collectif pour le procès du 8 novembre à Gap depuis le Limousin ! Big up…
A la frontière franco-italienne, des lieux refuges et des personnes solidaires tentent de rendre moins terrible l’exode des migrant.e.s fuyant l’Italie où les conditions de non accueil se sont encore détériorées avec l’arrivée du gouvernement d’extrême-droite de Mateo Salvini. Face à eux, policiers, gendarmes et fascistes occupent la montagne. En effet, le 22 avril dernier, contre la présence de la milice néo-fasciste ‘Génération Identitaire’ au col de l’échelle, une marche trans-frontalière de protestation , ralliée par des migrant.es, a entraîné l’arrestation et l’inculpation de sept militant.e.s. Ils et elles risquent dix ans de prison, poursuivis pour « passage en bande organisée » (les 3+4 de Briançon). Leur procès aura lieu le 8 novembre à Gap, dans le Hautes-Alpes. Tous les récits attestent de l’inhumanité croissante des conditions de vie et d’accès aux droits pour les exilés, de l’autre côté des Alpes. C’est le sens d’une plainte collective contre l’État Italien déposée par des migrant.e.s du collectif Al Mamba de Marseille, c’est aussi le sens des luttes contre les expulsions dites de « Dublin » (de « ré-admission en Italie ») comme à Faux-la-Montagne, Guéret et ailleurs…
Il ne faut pour autant pas oublier que ce qui se dit sans fard en Italie par le gouvernement Salvini, n’est autre que l’esprit et la lettre de la politique migratoire européenne qui organise la déportation systématique des migrants vers l’Italie. Les précautions oratoires des libéraux bon-teint allemands et français qui s’offusquent des dérapages verbaux de Salvini cachent mal leur hypocrisie de fond et leur totale responsabilité dans la fermeture des frontières intérieures et extérieures de l’Union Européenne. Les récents événements autour du bateau de sauvetage l’Aquarius, ainsi que les conséquences de la nouvelle loi asile et immigration, en sont la preuve patente. Mais au-delà des scandales médiatiques, la réalité est telle qu’aujourd’hui les réfugiés sont plus que jamais sous contrôle, fichés, désinformés, enfermés, expulsés. Suite au démantèlement de la jungle de Calais, s’institue sur l’ensemble des territoires français et européens des centres de tri et de rétention, comme les Prahda et les CAO, qui isolent et rendent invisible les politiques xénophobes légitimées par la généralisation de l’usage de l’abominable procédure Dublin.
Nous, habitant.es et ami.es de la Montagne Limousine, réaffirmons qu’il n’y aura pas d’expulsions sur le plateau de Millevaches et soutenons toutes les dynamiques, petites et grandes, d’accueil inconditionnel et de solidarité qui subissent la répression et résistent partout à l’ombre des politiques d’État. Ici et ailleurs, fédérons-nous en soutien aux exilés, car ils et elles ont tout autant besoin d’être accueillis que nous avons besoin d’apprendre à les accueillir.
Assemblée plénière de clôture de la Fête de la Montagne Limousine.

Aquarius / 3+4 de Briançon : la stratégie morbide des Etats pour transformer les solidaires en passeurs en bande organisée

Solidarité totale ! Ouvrons les ports ! Brisons les frontières !

C’est la même histoire manipulatoire, qu’elle se déroule aux cols alpins ou en pleine mer. Pris dans les dangers de la montagne, fuyant une Italie quasi-fasciste, des éxilé.es se retrouvent pris au piège de la frontière et risquent une nouvelle fois le tout pour le tout espérant un peu plus de dignité. Là, aux cols, les ami.es qui aident, accueillent, sauvent, réchauffent, nourrissent, hébergent comme ils le peuvent ces personnes en détresse seront désormais poursuivis pour « passage en bande organisée » (les 3+4 de Briançon). Et bien qu’il n’y ait jamais été question de quelques contreparties financières à leurs coups de main, ils seront jugés selon les mêmes codes que les passeurs mafieux, la jurisprudence française considérant maintenant que la récurrence de l’aide et son caractère « politique » servent le bénéfice d’une cause. Ce qui est considéré par la loi française comme comparable au trafic d’êtres humains !

Ce qui arrive à l’Aquarius en ce moment, et qui est arrivé avant à bien d’autres navires solidaires qui croisaient au large de la Libye, comme le Lifeline cloué à quai depuis des mois, relève du même mécanisme machiavélique des Etats européens : humanitaires hier, passeurs aujourd’hui. Par un déplacement progressif, soigneusement arrangé entre pays limitrophes, des frontières maritimes et des droits sur les zones d’intervention, ce sont les « gardes côtes » libyens qui sont devenus seuls habilités à récupérer et ramener à terre les migrant.es en péril de naufrage. Mais vers quelle terre ? Celle qu’ils et elles fuyaient ? Un pays sûr ? La Lybie ? De qui se moque-t-on ? Pour ne pas respecter cette nouvelle règle assassine décrétée par les états de l’Union européenne, l’Aquarius s’est progressivement retrouvé piégé, ses actions de sauvetage taxées d’illégalité, ses pavillons retirés…. et se retrouve accusé de « passage en bande organisée », encore une fois au même titre qu’une organisation mafieuse qui prospère sur le sang des exilé.es, d’un côté et de l’autre de la Méditerranée.

Macron / Collomb, dans vos bouches des cadavres…

Accueil des exilé.es ! Relaxe pour nos 7 camarades !